En 15 ans, il y a eu des erreurs ponctuelles, identifiables, corrigeables. Et il y a les ratés structurels : ceux qui ne sont pas une erreur sur un dossier, mais une mauvaise lecture qui s’est étalée sur des mois. Trois ratés majeurs qui m’ont façonné.

1. Ne pas avoir quitté un poste assez vite quand j’aurais dû.

J’ai resté 18 mois de trop dans une boîte où je sentais dès le mois 9 que ça n’allait pas. Manager qui ne m’allait pas, culture qui ne convenait pas, croissance bloquée. Je suis resté par fidélité mal placée, convaincu que partir serait “lâcher”. J’ai perdu 18 mois de carrière, et l’équipe que j’avais aidée à construire a éclaté trois mois après mon départ.

Ce que ça m’a appris : la fidélité ne va pas dans le sens qu’on croit. Rester dans un poste qui n’aligne plus ce qu’on veut est une trahison, de soi, et indirectement de ses collègues qu’on n’aide plus vraiment. Quand le signal est clair, on part dans les 90 jours.

2. Avoir cru qu’un mentor remplaçait un coach.

J’ai eu un mentor pendant 4 ans, un dirigeant senior que j’admirais et qui me donnait des conseils. J’ai cru que c’était suffisant pour mon développement. Erreur : un mentor partage son expérience. Un coach interroge la vôtre. Ce sont deux fonctions différentes.

Pendant ces 4 ans, j’ai progressé sur les techniques du métier, mais je n’ai pas progressé sur ce que mes propres patterns me faisaient rater. Personne ne m’a posé les questions inconfortables. Le mentor était trop proche de mon style pour les voir.

Ce que ça m’a appris : mentor et coach sont complémentaires, pas substituables. Le mentor donne, le coach extrait. Sans coach, on perfectionne ses qualités mais on ne traite jamais ses angles morts.

3. Avoir pris trop tôt un poste de management.

À 32 ans, on m’a proposé de manager une équipe de 6 commerciaux. J’ai accepté trop vite, par fierté plus que par envie. Pendant 2 ans, j’ai été un manager moyen, assez bon techniquement, mais sans la maturité émotionnelle pour gérer vraiment des humains avec leurs ratés et leurs fragilités.

L’équipe a payé. Deux commerciaux talentueux sont partis. J’ai mis du temps à comprendre que gérer 6 personnes demande 5 ans de maturation post-réflexive que je n’avais pas faits. Je suis revenu commercial individuel ensuite, ce qui m’a remis dans mon métier mais avec un sentiment de retard.

Ce que ça m’a appris : dire non à une promotion qu’on n’est pas prêt à porter est plus courageux que d’accepter par flatterie. La progression de carrière n’est pas linéaire, et chaque palier doit être souhaité, pas juste accepté.


Pour la philosophie générale construite sur ces apprentissages, voir ce que 15 ans de vente B2B m’ont appris.